collection photo : Le chant du monde Photo numérique

En catimini, un hêtre s'enfuit - Lozère 2022 Les indomptables - Cévennes 2017 En écho au monde - Lozère 2021 Oh rage ! - Lozère 2021 Lozère 2019 Une place au soleil 1- Lozère 2020 Une place au soleil 2- Lozère 2020 Ce qui nous relie - Lozère 2017 Tisser des liens 1 - Lozère 2020 Tisser des liens 2 - Lozère 2020 Tisser des liens 3 - Lozère 2020 Lozère 2021 Lozère 2021 Lozère 2021 Lozère 2021 Lozère 2021 Lozère 2022 Lozère 2022 Les sentinelles du Bois du Commandeur 2 - Lozère 2022 Compagnons de brume - Lozère 2022 Les sentinelles du Bois du Commandeur 1 - Lozère 2022 Dans l'axe du bien et du mal - Lozère 2021 Lozère 2021 Le géant foudroyé - Lozère 2021 La fin des Licornes - Lozère 2021 Avant j'étais - Lozère 2019 Avant j'étais 2 - Lozère 2022 Avant j'étais 3 - Lozère 2022 La fuite 1 - Lozère 2025 La fuite 2 - Lozère 2020 Atteindre la limite - Lozère 2025 Les présences fragmentées - Lozère 2022 Garder le contact - Lozère 2019 Lozère 2021 Lozère 2021 Lozère 2025

« Une lointaine forêt gémissait et parlait avec des mots de rêve » - Jean Giono, Le chant du monde.

Cette collection est un cri poétique d'alarme écologique.
La première photographie de cette collection d'arbres rebelles ou en résistance est celle d'un arbre que je visite régulièrement depuis notre rencontre.
«En catimini, un hêtre s'enfuit» est son titre.

Cette collection en cours d'éditing s’enrichie au grès des belles rencontres en Lozère essentiellement.

"Le chant du monde" interroge notre rapport au vivant et à ce qui disparaît.
Elle invite à changer notre façon de regarder,
de (re)ssentir les paysages en tissant un dialogue poétique en résonance avec notre propre paysage intérieur.
Je la dédie à toutes les présences d’ici ou d’ailleurs.


Un arbre semble immobile, immuable, à la lisière du temps.
Il questionne notre rapport à la vie, à la mort.
Cet été-là, en Lozère, la forêt est étrange.
Pas une feuille, aucune brindille en frémissement.
Temps suspendu, air étouffant.
Je suis observée
Une brume aux yeux minuscules.
Sensation enveloppante.
La canicule !
La canicule, pas d'insectes.
Pas d'insectes, pas d'oiseaux.
Silence inquiétant.

L’arbre, témoin de la vie de l’homme et de ses agissements n'est pas immortel.
En écho au monde, il résiste, se plie sans casser.
Il peut beaucoup supporter.
Il tente de survivre dans la part de l'ombre.
Mais comme tout un chacun, il a ses limites.
Un, deux, trois, Soleil !
Le réchauffement climatique n'est pas un jeu.
Tout s'accélère, tout s'enchaîne et se déchaîne.

Et surgit un gémissement.
qui se dissout dans la forêt profonde.
Au loin, un claquement sec.
C’est un arbre qui succombe, il tombe.
Feuilles et brindilles frissonnent puis, plus rien.
Le vent aussi s’en est allé.
Les arbres semblent vouloir partir,
vers ailleurs loin d’ici.
Fuir pour un lieu plus propice à leur survie.
Mais il n’y a pas de plan B.
Un arbre est à jamais lié à son territoire.

Et l’hêtre me dit :
«Je suis l’arbre des champs, l’arbre de la forêt et de la montagne.
Je suis l’arbre, les arbres.
À celui qui sait écouter, parviendra notre chant.
N’oublie pas, nous étions là avant toi, nous serons là après toi,
ou peut être pas…
Allez, viens m’embrasser et écouter le chant du monde».

Interconnection profonde.
Je suis restée longtemps devant l’hêtre qui rêve de fuir.
Je sais aussi que lorsqu’un arbre tombe,
il crée un espace de lumière libérée où la vie s’engouffre.
Et que tout recommence.

Et puis, il a fallu partir.
Moi je peux, aller où je veux.
Je reviendrai. Promis.
À chaque fois, j’espère qu’il sera toujours là.

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